L’assassin habite au 5, rue de son propre nom

Tapez sur Google François Bon – Gallimard et vous aurez pléthore de contenu.

Je résume brièvement l’affaire : François, que j’ai l’honneur (et, franchement, surtout le grand bonheur tant c’est un homme génial et merveilleux) de compter parmi mes amis, qui s’occupe de la coopérative d’auteurs publie.net, à laquelle participe activement mon épouse Christine, a publié il y a quelques temps une traduction nouvelle du Vieil Homme et la Mer, d’Hemingway. Il s’en est vendu 22 exemplaires.

Or, l’éditeur (dont les difficultés financières sont bien connues, n’est-ce-pas), via les libraires distributeurs de publie.net, ont fait savoir qu’ils interdisaient la publication numérique de cette traduction car ils possèdent les droits d’Hemingway via un contrat passé aux USA avec sa famile. Bref, ils demandent réparation à publie.net et retrait immédiat de l’ouvrage, ainsi que dédommagements pour le préjudice subi (rappel : 22 exemplaires vendus).

On voit donc par là hélas que :

1. Gallimard n’a strictement rien à cirer de la littérature numérique ni de la traduction (unanimement reconnue comme meilleure que l’ancienne de Jean Dutourd) d’Hemingway, mais ne se soucie que de son fric (menaces de procès de la famille Hemingway ? Très probable).

2. Que les journalistes qui, à raison, mettent cette affaire en évidence (l’Express, le Monde, Le Nouvel Obs, etc…) ne sont pas très présents lorsqu’il s »agit d’évoquer les publications de publie.net.

3. Les gens qui défendent la littérature numérique, ou qui la font vivre par leurs œuvres, ou qui cherchent à en faire un modèle économique viable, sont encore aujourd’hui traités en parias de la vraie société balisée de vrais pavés en vrai papier et de vrais intérêts bancaires, en geeks énervés et nihilistes, en petits merdeux quoi, et certains de se demander pourquoi un auteur reconnu comme François Bon un jour, a laissé derrière lui la littérature papier et s’est jeté plein pot dans l’aventure de publie.net et du Tiers Livre. Je ne leur expliquerai pas, ils n’ont pas la case pour comprendre.

Mais si le silence pouvait revenir, les bruissements se transformeraient en lectures numériques des auteurs contemporains (ou non) que la richesse du catalogue de publie.net propose à des tarifs authentiquement démocratiques. Authentiquement révolutionnaires. Et c’est bien ça, au fond, qui dérange Gallimard, gardienne du Temple conservateur des lettres et des chiffres…

Si j’étais…

Si j’étais candidat, hein, vous notez bien, M’sieu Posuto, j’ai dit, moi, je, si, hein, vous zêtes d’accord, après faudra pas dire que j’ai dit que j’ai pas dit, hé bien si j’étais candidat, il faut quand même dire, je, moi, la France, elle est en danger oui ou pas ? Le mariage homosexuel c’est bien gentil mais la famille, hein, et vous savez que la famille, je, moi c’est sacré, la preuve comme j’ai sauvé un petit noir d’un terroriste, vous avez la mémoire courte sur je, moi, alors et mes enfants, hein, y’en a même un qui voyage partout des musiques jeunes, il est de moi c’est mon fils, et j’ai une fille, alors je vais pas vous dire que sa mère est la plus belle femme du monde ouvrier, mais hein, ça a de l’allure le je, moi, famille, à protéger, des étrangers aussi quand même, y’en a des bien je dis, mais trop c’est trop, et on veut les faire voter chez je, alors moi, hein, pas de ça ici, et puis les fainéants, on va pas dire leur nom mais on sait tous qui ils sont hé bien, au pas que je vais les moi, je, mettre. En plus hé bien j’ai des soutiens de poids lourds de la politique catholique, avec moi, je, pour sûr quand même, hein M’sieu Posuto. Alors si je suis, si, je, moi, candidat, j’en aurai des choses à dire aux Français, car ils m’écoutent, les Français, moi, ils m’écoutent. Dites-le bien à vos lecteurs sur votre blog, M’sieu Posuto, hein, je.

Home (sweet) Run

Home Run. Coup de circuit, disent les québécois. Lorsqu’au baseball, le frappeur tape la balle si loin qu’elle dépasse l’aire de jeu pour atterrir dans les tribunes.

Home Run sur les balles de la droite, cadencées au rythme inverse de ses résultats concrets depuis cinq ans -trépidant.

Dernière idée en date, Sarkozy projette de demander aux Français, par référendum, de sanctionner le refus d’un chômeur de prendre un job ou une formation par une radiation des listes d’allocation. Merveilleux. Je suis bien impatient de voir un ingénieur au chômage accepter de prendre une formation de technicien de surface histoire de ne pas perdre ses Assedic. Et quelle élévation d’esprit, quelle hauteur de vue, une bonne réforme comme on les aime.

Qu’il va être content, le bon peuple de droite « pragmatique », les « c’est quand même bien vrai qu’il y a des profiteurs et des fainéants », tous ceux qui se disent apolitiques, les petits blancs qui pensent avec le canon de leur carabine de chasse ou le canon de rouge qu’ils se jettent au bistrot du coin en regardant le Turc ou l’Arabe de travers. Ah, si Sarkozy avait été président en 1981, nul doute qu’il aurait pondu un beau référendum sur la peine de mort qui aurait vu la sanction décapitante approuvée par le bon peuple à 65 %.

Aidons-le, ce brave président en campagne non-officielle aux frais de l’État et sans décompte médiatique, fourbissons-lui les armes qu’il n’ose (on se demande vraiment par l’effet de quelle supposée réserve) sortir en fanfare de son arsenal gardé par les bons Cerbères nommés Guéant, Besson, Gaino ou Lefebvre. Un référendum sur le droit de vote des étrangers par exemple (ah, rectification, il vient de l’annoncer. Suis-je bête, moi qui pensais que le bon bougre avait encore une once d’humanisme en lui. Résultat prévisible, 70 % de braves gens voteront contre, quand même, manquerait plus qu’on assume les suites de la colonisation…)

Et que l’on ne vienne pas me dire qu’on ne comprend pas ce que je dis, car franchement, je m’en fiche, mais grave. Je suis ici chez moi, je ne salis pas l’espace publique de mes bavures racistes et ultra libérales, je ne gouverne que moi, et mes idées ne sont pas abrasives ni pour les yeux, ni pour le cerveau. Et si je ne suscite que des commentaires d’accord avec moi, dans le climat épouvantable et politiquement répugnant dans lequel nous baignons depuis 2007, tant mieux ! A bon entendeur.

Philosation

Décidément, cette droite-là n’y arrive pas avec les civilisations. G.W. Bush s’était précipité dans la prose de Samuel Huntington pour envisager le rôle des USA dans le monde,  aujourd’hui Guéant prend le relais.

Rappelez-vous, y’a combien, deux, trois, quatre ans ? On ne sait plus, le sarkozysme a pétrifié le temps. La « politique de civilisation », expression empruntée à Edgar Morin… coquille vide, des mots, du vent, de l’esbroufe. Depuis, Edgar Morin a publié avec Stéphane Hessel un magnifique Appel de l’espérance, faisant grimper d’un coup dans l’échelle de la noblesse humaniste l’altermondialisme. Et se démarquant définitivement du lasso dans lequel le président du Fouquet’s croyait l’avoir pris.

Et maintenant, l’inénarrable Guéant, l’homme qui dérape plus vite que l’ombre d’un pneu lisse sur la neige, de nous expliquer (devant l’UNI, avez-vous remarqué que plus l’auditoire est horrible, plus leurs propos sont idiots ?..) qu’il ne sait pas différencier la civilisation de la loi, les extrémistes des modérés et de nous refaire le coup de : si la gauche n’est pas anti-islam, c’est qu’elle est pro Ben Laden.

Une fois n’étant pas forcément coutume, brillante démonstration de Raphaël Enthoven ce matin sur France Culture, avec appel à Montaigne et à la non indignation plus productive que les cris d’orfraie (ça m’agace un peu cette expression, du coup je vais lui substituer « émettre des piaillements de pygargue », ce qui revient au même si j’en crois les encyclopédies). Et moi de regretter, au fond, que la philo ne guide pas plus souvent la vie – ou, tout au moins, les phrases qu’on y entend.

Dominicale attitude

Ce matin, comme tous les dimanches, en parfait mécréant, je bosse. Ben oui, c’est comme ça depuis des années, c’est entre 9 et 13 h le jour du repos que je suis le plus efficace. Et ce matin mes énergies se tournent vers un chapitre du croquignolesque et néanmoins infaisable nouveau programme de 1ère S (menant d’ailleurs à une nouvelle épreuve anticipée du bac, pour justifier la suppression de l’HG en Terminale S). Ce chapitre s’intitule : les dynamiques des espaces productifs dans la mondialisation (sic).

Parfait fonctionnaire zélé, je me précipite sur la mère nourricière de tout pédagogue soumis à sa merveilleuse hiérarchie, à savoir le site Eduscol, et plus particulièrement la page consacrée au susdit chapitre.

Après quelques dizaines de « P.. fait ch… » et de « Mais B… de M… comment veulent-ils qu’un gamin de 16 ans pige ça sans prendre ne grippe la géo pour toute sa vie ? », je me mets au boulot. Sans oublier de lorgner du côté des Pièges à éviter, rubrique culte chez Eduscol, et qu’il faut impérativement avoir lu avant d’être inspecté, chose que j’appris l’année dernière à mes dépens… Je cite :

PIÈGES A ÉVITER DANS LA MISE EN ŒUVRE
– Proposer aux élèves une vision trop statique ou dépassée de l’espace économique français : cette question porte sur ses dynamiques actuelles.
– Vouloir tracer, à trop grands traits, une carte de l’espace économique français : les constats dans ce domaine doivent être précis et nuancés.
– Envisager uniquement les aspects négatifs des dynamiques des espaces productifs (ex. : délocalisations) alors que, globalement, ces dynamiques sont sources de richesses, d’emplois et de revenus fiscaux.

Ben voyons. Sérieusement, lisons entre les lignes :

– La vision trop statique ou dépassée de l’économie française me rappelle furieusement ce que tout bon ministre UMP répond à un syndicat s’inquiétant de la baisse de la protection sociale. Mais j’ai mauvais esprit sans doute…

– Faire des constats précis et nuancés permettra sans doute de ne pas insister sur les licenciements pratiqués chez Peugeot et Michelin, tout en valorisant ici ou là quelques exemples de réussites formidables au soleil de la Sun Belt française (Aerospace Valley par exemple)

– Quant à critiquer les aspects négatifs, vous n’y songez pas ! C’est écrit en toutes lettres, « globalement, ces dynamiques sont sources de richesses, d’emplois et de revenus fiscaux« . Ben oui. c’est bien pour ça que le chômage augmente, que le président veut augmenter la TVA et que la croissance dépasse les 5%. Non ?

Ah ben alors j’ai encore mal compris. Du coup, je vais aller visiter les sites proposés comme référents pour préparer ce cours, à savoir (je déconne pas, je vous jure, d’ailleurs vous pouvez vérifier mes dire avec le lien cité plus haut) :

– Portail de l’industrie du Ministère de l’Économie, des finances et de l’industrie : http://www.industrie.gouv.fr/
– Site du Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire : http://agriculture.gouv.fr/

Des sites hautement susceptibles d’éviter toute polémique inutile, puisque parfaitement neutres politiquement…

Appeler un chat une caille ?

C’est en gros ce que les médias nous ont ordonné de faire depuis que papa a transmis la maison brune (ou noire, comme on veut) à sa fifille dont j’ai l’horreur de partager l’année de naissance, moi qui d’habitude exhibe plutôt fièrement ce pédigrée révolutionnaire. Respectable, Républicaine, Responsable, Renaissance du peuple, Reconquête des abstentionnistes, il manque un mot en Re dans cette flopée : Répugnant.

Et croyez-vous que ce ramassis puant de tout ce que le pays cache dans les plis de son pétainisme depuis 1940, un peu d’OAS un peu d’Occident un peu de révisionnisme (oh, encore un mot en re) un peu de négationnisme un peu (beaucoup) de racisme un peu d’antisémitisme (pardon, non, plus ça, fifille fait le bisou à l’ambassadeur d’Israël, elle doit lui susurrer « t’es pas mal toi pour un Juif) ait vraiment changé ?

Laissons parler Caroline Fourest, dans un article publié ici : « C’est vraiment à travers ses liens internationaux qu’on comprend le mieux sa stratégie : elle n’a aucun problème à fréquenter des négationnistes, des antisémites, des nostalgiques du national-socialisme et du fascisme. Elle en fréquente depuis son enfance. « 

Alors qu’on arrête de nous faire passer une bande de vessies gonflées aux Heil Quelque Chose pour une bande de lanternes sociales ayant digéré le programme commun de la gauche de 1981. Un chat n’est pas une caille, et un facho est un facho. Fût-il une « elle »…

Renaissance

Ben ça va chier en 2012.

Ouaip.

Posuto revient d’entre les morts. Année électorale, année bissextile, année de mes 44 ans.

Car j’ai toujours rêvé d’avoir 44 ans. Et c’est pas pour dire, mais on n’a pas tous les jours 44 ans.

Sérieusement.

Ce soir c’est relâche, mais attention aux retours de flammes. On vous promet du sang, des larmes et la victoire. Ah non merde, ça c’est Churchill.

Bah, en attendant on vous souhaite une bonne nuit d’hiver bien glaciale mais pas trop.

Révolution !

Il y a trop de signes. Que pour moi, les signes ; ne rêvons pas, la « R » dans les rues, partout, comme dit un type entendu à la radio hier, tant qu’il y a le surendettement (et j’ajoute la télé réalité) pour suppléer l’État Providence, les pavés peuvent dormir tranquilles, pas de risque de descellement.

Je regarde la liste des anciens maillots siglés DDR sur le site Les voyages en ballon, et ceux du Dukla Prague, même le maillot de Yachine CCCP, alors que je déteste le foot. C’est bien connu ici-bas, je ne jure que par le cyclisme…

Je rêve de foutre en l’air la pédagogie moisie traditionnelle, plus de manuels scolaires à 5 kg les 9 et scoliose assurée pour ton avenir ma fille, ah débarquer dans des classes où les mômes seraient connectés à twitter pour un live chat avec Naomi Fontaine parce qu’il y a une question du programme de géo seconde sur les mondes arctiques et Pierre Chantelois, l’Œil de Montréal, pour une approche totale des villes nord-américaines et parce que je l’aime tellement, pif paf croisé avec d’autres sources on aboutirait à des visios skype, et plus de papier les copies ahahaha non non que du mail, du blog et pour les plus audacieux, du site !

Je ne passe que les pistes 8 et 12 du deuxième CD du Double Blanc des Beatles (Revolution 1 & Revolution 9). Et Back in the USSR, la 1 du disque 1.

Et la littérature Rentrée littéraire Dédicace Prix littéraires Ô la belle saucisse 1er choix achetez messieurs-dames ; et les critiques littéraires du dimanche soir Inter qui n’aiment pas la littérature ni les auteurs qui n’aiment qu’eux et les tombereaux d’icônes masturbatoires reflets de leur puissance de leur violence, qui tremblent et si un jour un jour avoir une bibliothèque de milliers de livres en papier ne signifiait plus rien, comme si les Porsche et Ferrari n’attiraient plus ni l’œil ni la jalousie ni le respect, et si un jour les gens se rendaient compte que l’informatique aime plus la littérature qu’eux ?.. « R » ce serait.

C’est pas donné à tout le monde de se mettre en danger. Les digues sont paresseuses et le restent, en général. Bah. Espérons afflux de signes pour encore longtemps.

en tandem (16)


photo cjeanney (non retouchée et non inversée, telle que)

elle : l’idée importante, disait le Sage, n’est pas que les lettres soient inversées, mais que la pancarte soit  fermement chevillée au mur… Le monde à l’envers tu comprendras quand fixer de travers tu visseras !  (ainsi il parlait, en haut de la montagne dont le sommet touchait le sol. Sur son p’tit vélo. D’où l’intérêt de narrer l’anecdote en tandem)

il : oui d’ailleurs on devrait essayer le tandem inversé aussi, un qui regarde devant, l’autre derrière. L’un regarde la montagne, l’autre la pancarte.

en tandem (15)

photo hjeanney (Parc du château, Épinal)

il : extraits de wikipédia : « Un Tiki est une sculpture en bois ou en pierre originaire d’Océanie représentant un homme ou une tête d’homme. Les plus connus sont certainement les Moaïs, statues monumentales de l’île de Pâques. Les tikis sont souvent de sexe masculin, plutôt costauds. Les tikis symbolisent Tiki, l’ancêtre mi-humain mi-dieu qui fut le premier homme. C’est ce personnage mythique qui engendra les humains ». Ajout personnel : contrairement aux humains, les yeux des tikis rougissent sur les photographies même sans flash.

elle : note : « Tiki-tiki » est aussi le cri d’une espèce en voie de disparition, sorte d’oiseau à plumes volages dont le nid s’orne de porte-clés peugeot et citroën exclusivement. Ce volatile niche dans la région de Sochaux, se nourrit de pommes blettes, d’amandes douces et de mues de serpents. D’où le proverbe Manger comme Tiki-tiki (avoir des goût très spécifiques, et difficiles à contenter). Bon, j’extrapole légèrement mais c’est l’idée, pensez-y lorsque vous entendrez « Tiki-tiki » résonner sous les arbres. Nous vous remercions de votre attention.