Les petits cimetières sous la lampe

J’ai fait exprès de parodier les grands cimetières sous la lune de l’autre, là… C’est pas parce que je critique que j’ai pas de culture…

Et c’est l’impression que j’ai désormais lorsque je vais à la bibliothèque pour mon fils, ou que je traverse le CDI.

Un champ de ruines et de cadavres, tous ces bouquins qui puent le moisi et le papier, car le papier ça pue ! Marre d’entendre les gens s’extasier sur leur odeur méphistophélique issue des plus beaux fleurons de notre chimie européenne !

C’était le coup de grognerie du dimanche matin. Je retourne à mes multiples écrans. Dont je suis l’esclave volontaire et exalté, d’ailleurs. Mais au moins je m’y sens en vie.

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14 Commentaires

  1. Bah moi j’arrive à jongler avec les deux… écrans et papier !
    je crois que je n’arriverais jamais à lire un livre sur écran, trop amoureuse de l’objet livre même si la fabrication du papier est anti-écolo… par contre tout le reste, je peux le faire sur un écran…

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    • Amoureuse de l’objet-livre ? Sauf votre respect ça me paraît une étrange chose. Amoureuse de la littérature, des textes, je comprends. De l’objet livre, à moins d’être comme en religion, fou d’icônes…

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      • Je vois RV que d’autres ont le même avis que moi sur le livre, oui l’objet et pas seulement ce qu’il contient… cela vous parait peut-être idiot, mais il y a des livres que j’aime posséder dans de belles éditions même si je préfère lire des livres de poches plus maniables et moins chers… je possède également une belle « collection  » d’albums pour enfant et aussi de BD, ce sont des livres ne vous déplaise, et ils sont fait autant pour être lus que regardés ! le format, la présentation, tout y est important !…
        j’ai aussi des souvenirs d’enfance dans la bibliothèque de mon quartier, ce n’était pas un lieu « qui pue » c’était un endroit très animé (une bonne bibliothécaire peut vous faire aimer le livre … et ce qu’il contient bien sûr !), on y passait après l’école, on n’allait pas voir nos « amis facebook » du bout du monde, on avait ceux du quartier… moins enrichissant culturellement ? j’en doute…

    • @ Marie,
      Tout le reste ? Vraiment ? Sur écran ?
      Je plaisante. C’est juste pour vous dire que j’adore vos photos et que, moi qui déteste généralement les blogs à musique, celle qui nous accueille sur votre espace me fait fondre à chaque fois.

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      • MDR Cowboy… non pas tout vraiment… les écuries, c’est en direct et à la fourche que je dois les faire, un jour peut-être pourrais je les faire depuis mon écran sans l’odeur du crottin 😉
        … mais vous pensiez à d’autres choses peut-être ? …

  2. Pamphlet provocateur mon ami que voilà. Lorsque j’étais jeune, je promenais sous mon nez un livre nouveau pour m’imprégner de son odeur. L’odeur de ses pages et la sensation d’un enivrement des mots. Je vous donne en mille. Ce geste je le fais encore aujourd’hui. Un cadeau reçu tout récemment pour un anniversaire a ainsi été l’objet d’une inspection olfactive de ma part : Le Comptable indien (David Leavitt) chez Denoël.

    Aujourd’hui lorsque l’occasion se présente, je relis les vieux classiques avec une tablette et un petit écran de sept pouces. L’odeur du livre me manque.

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    • Pierre, ne le dites pas à Hervé, mais vous savez de quoi je rêve depuis quelque temps ?surtout depuis que je me suis mis à lire (ou à relire) ma riche, jusqu’à l’indécence, collection de la Pléiade :
      Un lutrin !!!
      Ceci dit, entendons,nous bien, je ne porte ni caleçons longs ni moustache en guidon de vélo, je ne m’agite pas non plus en noir et blanc à 15 images/seconde et j’ai moi aussi une liseuse (Sony Reader) dont je suis absolument fan et ravi.

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  3. Pierre, essayez de sniffer la cannelle, le fromage de chèvre ou même le jasmin, vous verrez, c’est plus sexy que la colle et le chlore… 🙂

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    • Ah ! RV… Je comprends mieux votre billet de l’autre jour (On s’emm…). Car s’emm… assurément il faut (oui, je parle comme Maître Ioda, parfois) pour livrer de tels combats. Le livre papier contre le livre numérique ! La Pléiade contre Adobe avec ou sans DRM. Mmmm ! Les Anciens contre les Modernes !
      A quoi, mon cher Charles RV Perrault, cette bataille va-t-elle vous mener ? A embrasser Boileau en public sous la Coupole ? Diable !
      Bien sûr, je sais, comme Pierre, que votre digitale diatribe (attention toutefois à ne pas vous lécher les doigts, la digitale est toxique) est pure provocation. Mais je vais faire semblant de vous prendre au sérieux, d’autant plus que si la bibliothèque que vous fréquentez et votre CDI puent à ce point, il faut assurément faire quelque chose. Je vous propose donc une méthode simple, efficace, et qui a fait ses preuves : porter l’un et l’autre à la température de 451° Fahrenheit (soit un peu moins de 233° C). Ça devrait assez rapidement régler le problème. N’oubliez pas toutefois d’aérer les locaux au terme de l’autodafé car l’odeur de brûlé est tenace et, de mon point de vue, largement aussi désagréable que celle de moisi. 🙂 🙂

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  4. Ce n’est absolument pas de la provoc, c’est ce que je ressens vraiment. Je vous laisse le reste, si ça vous rend heureux, m’en fous au fond… Mais qu’on ne m’oblige pas à me pâmer, par pitié, devant l’accumulation de papelard en guise de brevet de bourgeoisie intellectuelle…

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  5. D’autre part Cowboy, en jouant sur l’autodafé, avec un historien, vous ne pouvez ignorer le sale relent que ça. Vous prêchez souvent le faux pour savoir le vrai quand vous dites que vous êtes odieux. Là, vous l’êtes.

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    • Vous avez tort, RV, vous avez tort deux fois, trois fois, dix fois et vous le savez.
      Vous avez tort d’abord -et c’est peut-être votre plus grave erreur- de croire -ou faire semblant de croire- que quelqu’un qui vous aime bien pourrait, soudainement, vous vouloir du mal.
      Vous avez tort ensuite de nous demander de choisir entre deux bonheurs. Le contact d’un volume de la Pléiade (entre nous, incroyablement bon marché compte tenu de la quantité de lecture offerte), me donne un certain plaisir même si ma liseuse Sony est un éblouissement quotidien. Je signale en passant que le prix des e-books est indécent -il me rappelle l’arrivée des CD audio qui nous annonçaient la musique à bas prix- mais je ne pointe pas ici les efforts consentis par un François Bon pour développer des livres numériques auxquels les éditeurs traditionnels ne donneraient aucune chance en version papier.
      Vous avez tort encore de penser que vos lecteurs, niaiseux, à demi pamoisifs devant de la paperasse reliée, attendent de vous la même fascination. Ils vous demandent, simplement, modestement, de ne la point trouver pathologique.
      Vous avez tort aussi de feindre lire dans mon commentaire une allusion au 10 mai 1933 (qui, de surcroît, vous viserait directement… soyons sérieux)</em). Erreur historique. Anachronisme. Car pour moi, le terme d'autofé fait référence à des pratiques plus anciennes, plus… Candide(s), mais c'est sans doute ma culture classique qui m'égare. Car (ou mais), je vous le concède, l'autodafé berlinois reste un autodafé.
      Vous avez tort enfin de voir le livre-papier comme
      « l’accumulation de papelard en guise de brevet de bourgeoisie intellectuelle » quand vous savez parfaitement que quel que soit son support, la culture savante reste l’apanage d’une minorité privilégiée. La « poétisation du prolétaire » (pour reprendre un mot de Léo Ferré) ne passera pas par le débat « papier versus numérique ». Ceux à qui l’imprimé donne des céphalées sauront se protéger des tablettes comme ils ont su se garder des exhalaisons de la pâte à papier.
      Mais j’ai tort aussi de prendre la peine d’ajouter à un commentaire simplement mutin un double smiley qui visait, en vain hélas, à dissiper tout malentendu.
      Je vous laisserai, si vous le souhaitez, le mot de la fin et ne m’exprimerai plus, ici, sur le sujet.
      Bien à vous.

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      • Conséquence sans doute d’une certaine exaspération, j’ai foiré les balises html d’où l’omniprésence des italiques. Désolé.

  6. Je ne sais rien du tout, je ne vous ai jamais obligé à penser comme moi, et je n’ai jamais joué les imprécateurs. Relisez tous mes billets, j’y émets des opinions certes souvent tranchées mais je n’ai JAMAIS donné de leçon à personne. Jamais. Ce que je dis ne reflète QUE ce que je ressens, et je vous laisse tout le loisir de penser, sentir et lire autrement.

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