Le Prince – 25

Comme un rondin dans la boue, l’Autrichien, du haut de la pente jusqu’à Paolo planqué dans son buisson collé au sol par tous les liquides de la peur – la boue l’urine la sueur la pluie quelle pluie de fin des temps, la mer est au ciel et retombe sur les Dolomites. Des ombres bougent devant mais qui, Paolo sort la baïonnette estafilade sur sa cuisse un liquide de plus dans son uniforme, tant bien que mal fixe au canon, où est donc le Nord dans tout ça où est Bologne où tout le monde Je vais mourir Non je suis mort déjà Non je vais crever c’est ça je vais crever, aucun bruit normal avec ces trombes d’eau. Après il embroche un soldat, un cadavre ou un vivant, un camarade ou un ennemi, ça lui fait un poids d’enfer au bout du fusil, mais c’est tout.

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1 commentaire

  1. Voilà un univers que je n’ai pas connu. Voilà un univers que je n’aurais jamais voulu connaître. Sentir la mort comme on respire les odeurs d’urine est une horreur sans nom. J’ai vécu dans un pays qui n’a jamais connu la guerre. Je peux seulement tenter d’imaginer le drame de Paolo et ses cauchemars.

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