Le Prince – 22

Pas trente-six façon de le dire mais mille façons de l’entendre, c’est un cancer et il est très avancé, Luciano ne tremble pas ne blêmit pas non qu’il soit courageux ou inconscient non, il a soixante-huit ans depuis quelques mois – l’expression lui revient entêtante Plus un poussin de la dernière couvée. L’épicentre est dans les reins mais ça s’est foutu partout de haut en bas droite à gauche et au moins, au moins ça explique les douleurs. En sortant de la polyclinique Orsola-Malpighi il se demande s’il est un beau vieillard et d’ailleurs a-t-il jamais été beau ma foi, une question à poser désormais, dans quelques semaines quelques mois ne pourra plus la poser, Madame pardonnez-moi trouvez-vous que je suis beau ? il se réveille dans la villa, on lui sourit Tu t’es évanoui en pleine rue heureusement que Maria t’a aperçu elle était en ville quelle chance, il ne saura jamais s’il a même osé poser la question.

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3 Commentaires

  1. C’est une question bien légitime que se pose Luciano : suis-je un beau vieillard? Parfois le coeur est jeune mais le corps lui refuse la jeunesse des artères et opte pour leur pourrissement. Imaginez si le cancer se mêle en plus de ce carnet de santé un peu bordélique (s’cusez!), il en faut des grogs pour tenir la forme… Et la brave Maria est un ange que lui a envoyé le ciel : Sancta Maria mater Dei, ora pro nobis peccatoribus

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    • rvjeanney

       /  8 avril 2011

      Ce qui m’a frappé en écrivant (d’un jet pour une fois) ce fragment c’est l’évidence d’une pensée futile, voire inutile, à laquelle l’inconscient se raccroche après une nouvelle terrifiante. Enfin, je le sens ainsi…

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  2. Il est vrai que parfois nous sommes hantés par la futilité et l’inutilité de pensées obsédantes qui sont si délétères à notre bien-être. Et au bout de la route, leur corrosion peut se montrer d’une réelle cruauté tant elles sont profondes et indélébiles. Comme la beauté de la vieillesse alors que tout notre être nous donne à penser que nous nous décomposons à petits feux.

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