Manifeste pour l’écriture contemporaine numérique

Par Christine, bien sûr (avec amour d’abord puis raison) je suis devenu une sorte de sympathisant de la cause numérique. Sympathisant au bord de devenir militant.

Le week-end dernier, soit du 18 au 20 février, elle fut invitée par l’éditeur belge de son recueil de nouvelles à la Foire du Livre de Bruxelles. Je l’accompagnai.

Pas question ici de flinguer en série l’édition classique, qui perdurera encore des lustres et produira des choses formidables. Mais que d’interrogations pourtant.

Il fallait les voir, ces pauvres auteurs aux yeux hagards, mendiant la reconnaissance des passants sous forme de dédicace. Tandis que quelque cabotin se vantait ici d’être « Vous comprenez Madâââme, l’anti-Da Vinci Code », une autre, souriante pourtant, goutte de sueur au front par cause de chaleur excessive, devait songer qu’elle aurait tant eu mieux à faire -et d’abord écrire- plutôt que de rester là, poulet de Bresse recalé au test du Waterzoïe.

Vendre des livres est un autre métier qu’écrire lesdits livres, et l’on comprend mieux, dans les travées d’une foire comme celle-ci, combien les auteurs sont pris, de gré ou de force, de bonne ou mauvaise grâce, dans le maelström du marketing. Sans compter le décalage temporel qui oblige les auteurs à parler au présent d’un livre écrit souvent plusieurs années auparavant. Ces contraintes disparaissent avec le choix de l’édition numérique.

Depuis que Christine écrit, les plus belles reconnaissances, les plus encourageants contacts, les plus stimulantes discussions vinrent du net. Blogs, Twitter, Facebook, Sites et bien sûr la consécration de Publie.net, devenu son éditeur. Je fus d’ailleurs frappé de voir que le carton de présentation de Christine à Bruxelles mentionnait deux critiques élogieuses de son recueil, critiques toutes deux issues de blogs.

Sans aucun mépris pour l’édition papier, mais avec conviction -et que François Bon me pardonne la paraphrase-, je suis sûr que le texte contemporain s’écrit numérique. Et se publie numérique.  En espérant que ne vienne pas l’idée d’une « foire du livre  numérique », car au fond, larguer l’ancien monde ne se fera pas en regardant sans cesse en arrière voir si l’on n’a pas oublié quelque part une vieille nostalgie.

Publicités
Article précédent
Article suivant
Poster un commentaire

7 Commentaires

  1. Mon cher RV

    J’adhère entièrement à ce choix du numérique. Ce qui ne ne signifie pas notre rejet pour un vieux livre traditionnel avec des odeurs du passé ou des humeurs du présent. Le cercle des amis littéraires de Christine s’agrandit et j’en fais partie 🙂 Longue vie à l’édition numérique et longue vie aux mots magiques de l’auteure qui vit si près de vous 😉

    Réponse
    • rvjeanney

       /  24 février 2011

      Christine : Près des yeux, près du coeur, mon ami ! 🙂 Vous, loin des yeux, mais près du coeur aussi… 🙂

      Réponse
  2. Et je suis profondément d’accord avec toi (et donc avec François). De même que la musique s’y range bon an mal an, il faudra bien que la littérature reconnaisse cette évidence au bout d’un moment.

    Tellement vraie par ailleurs, ta description des salons. Ou comment changer un brave écrivain sensible en marchand de saucisses sur le marché, et encore pour les moins timides, les autres rentrant la tête dans les épaules et espérant sans doute disparaître (comme on les comprend !).

    Réponse
    • rvjeanney

       /  24 février 2011

      L’analogie « saucisses » est très pertinente… hélas. C’est vrai que les éditeurs, notamment les petits (en terme de budget) en ont besoin, de ces salons-vitrines, pour valoriser leurs auteurs (et celui de Christine a été très chouette et chaleureux) mais quel prix terrible je trouve à payer (sans compter que les stands sont loin d’être bon marché !).

      Réponse
  3. oui, place au numérique mais si le numérique est accessible à tous sur terre !

    Réponse
    • rvjeanney

       /  27 février 2011

      Remarque pertinente MAIS : le livre papier n’est plus accessible aujourd’hui, un roman ou autre nouveau cru = plus de 15 euros. Au bout de 6 vous pouvez acheter une liseuse bon marché. Pour un ipad il faut investir un peu plus certes. mais ensuite, en tout cas sur publie.net, c’est moins de 4 euros par livre ! sans compter les milliers de gratuits qu’on trouve facilement sur la Toile…

      Réponse
  1. Tweets that mention Manifeste pour l’écriture contemporaine numérique « Les jours impairs -- Topsy.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :