Révolution !

Il y a trop de signes. Que pour moi, les signes ; ne rêvons pas, la “R” dans les rues, partout, comme dit un type entendu à la radio hier, tant qu’il y a le surendettement (et j’ajoute la télé réalité) pour suppléer l’État Providence, les pavés peuvent dormir tranquilles, pas de risque de descellement.

Je regarde la liste des anciens maillots siglés DDR sur le site Les voyages en ballon, et ceux du Dukla Prague, même le maillot de Yachine CCCP, alors que je déteste le foot. C’est bien connu ici-bas, je ne jure que par le cyclisme…

Je rêve de foutre en l’air la pédagogie moisie traditionnelle, plus de manuels scolaires à 5 kg les 9 et scoliose assurée pour ton avenir ma fille, ah débarquer dans des classes où les mômes seraient connectés à twitter pour un live chat avec Naomi Fontaine parce qu’il y a une question du programme de géo seconde sur les mondes arctiques et Pierre Chantelois, l’Œil de Montréal, pour une approche totale des villes nord-américaines et parce que je l’aime tellement, pif paf croisé avec d’autres sources on aboutirait à des visios skype, et plus de papier les copies ahahaha non non que du mail, du blog et pour les plus audacieux, du site !

Je ne passe que les pistes 8 et 12 du deuxième CD du Double Blanc des Beatles (Revolution 1 & Revolution 9). Et Back in the USSR, la 1 du disque 1.

Et la littérature Rentrée littéraire Dédicace Prix littéraires Ô la belle saucisse 1er choix achetez messieurs-dames ; et les critiques littéraires du dimanche soir Inter qui n’aiment pas la littérature ni les auteurs qui n’aiment qu’eux et les tombereaux d’icônes masturbatoires reflets de leur puissance de leur violence, qui tremblent et si un jour un jour avoir une bibliothèque de milliers de livres en papier ne signifiait plus rien, comme si les Porsche et Ferrari n’attiraient plus ni l’œil ni la jalousie ni le respect, et si un jour les gens se rendaient compte que l’informatique aime plus la littérature qu’eux ?.. “R” ce serait.

C’est pas donné à tout le monde de se mettre en danger. Les digues sont paresseuses et le restent, en général. Bah. Espérons afflux de signes pour encore longtemps.

en tandem (16)


photo cjeanney (non retouchée et non inversée, telle que)

elle : l’idée importante, disait le Sage, n’est pas que les lettres soient inversées, mais que la pancarte soit  fermement chevillée au mur… Le monde à l’envers tu comprendras quand fixer de travers tu visseras !  (ainsi il parlait, en haut de la montagne dont le sommet touchait le sol. Sur son p’tit vélo. D’où l’intérêt de narrer l’anecdote en tandem)

il : oui d’ailleurs on devrait essayer le tandem inversé aussi, un qui regarde devant, l’autre derrière. L’un regarde la montagne, l’autre la pancarte.

en tandem (15)

photo hjeanney (Parc du château, Épinal)

il : extraits de wikipédia : “Un Tiki est une sculpture en bois ou en pierre originaire d’Océanie représentant un homme ou une tête d’homme. Les plus connus sont certainement les Moaïs, statues monumentales de l’île de Pâques. Les tikis sont souvent de sexe masculin, plutôt costauds. Les tikis symbolisent Tiki, l’ancêtre mi-humain mi-dieu qui fut le premier homme. C’est ce personnage mythique qui engendra les humains”. Ajout personnel : contrairement aux humains, les yeux des tikis rougissent sur les photographies même sans flash.

elle : note : “Tiki-tiki” est aussi le cri d’une espèce en voie de disparition, sorte d’oiseau à plumes volages dont le nid s’orne de porte-clés peugeot et citroën exclusivement. Ce volatile niche dans la région de Sochaux, se nourrit de pommes blettes, d’amandes douces et de mues de serpents. D’où le proverbe Manger comme Tiki-tiki (avoir des goût très spécifiques, et difficiles à contenter). Bon, j’extrapole légèrement mais c’est l’idée, pensez-y lorsque vous entendrez “Tiki-tiki” résonner sous les arbres. Nous vous remercions de votre attention.

en tandem (14)

photo extraite du site How to be a Retronaut (New York City, 1941, in colour, collection Charles W. Cushman)

elle : attaque japonaise surprise cette année-là, mais ce rouge, les rayons de roues sur le pavé semblent très réels aujourd’hui, peut-être plus que les bombardements historiques. Le présent du passé, c’est bizarre, non ?

il : d’autant qu’on ne pourra jamais revivre la violence de Pearl Harbour, mais la douceur des sodas…

en tandem (13)

il : ça pourrait presque être une annonce funèbre, un message à peine déguisé sur le destin, mais quand même, j’ai un peu plus d’humour que ça. Non, c’est juste que je pensais un peu au Prince aujourd’hui, il est en quelque sorte stratifié sous notre tandem, ici, sous nos pieds.

elle → pense : domodossola domodossola domodossola ~ murmure à mi-voix ~ bruit de train ~ arbres fruitiers ~ villa abandonnée et monument au mort chasseur alpin

en tandem (12)

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photos et diaporama @cjeanney

Elle : juste que j’avais envie de faire croire qu’on habitait dans l’hémisphère d’en face. Ou que notre clim était particulièrement performante. Ou que les voyages dans le temps, en un claquement de doigt (gelé) et hop. Ou que ç’avait été/ce sera-t-été possible, et on sera encore incrédules la prochaine fois, quand l’eau tombera en paquets solides et petits et voltigeurs.

Il : peut-être que l’autre hémisphère n’est que la version climatisée à l’envers du nôtre. Ou l’inverse. Qui sait.

en tandem (11)

photo hjeanney

il : qui du loup – en réalité un sanglier mais – du cor ou de la partition est cerné de ces lauriers de pauvres ces feuilles de chêne, la moisissure s’accroche comme une ombre en décomposition.

elle : œil attentif, oreille tendue, suis sûre que lui entend de la musique (même s’il n’est pas certain d’être lui-même, est-il un loup, est-il un sanglier, est-il un animal gelé en pierre, une chimère mélomane verte de concentration).

en tandem (10)

photos cjeanney

elle : Rafale et feux de détresse sont les deux mamelles du courage (parce que : quand il faut rouler, on roule, ça on ne peut pas nous l’enlever).

il : Je dirais même plus, contre vents et marées – enfin l’équivalent de marées dans la campagne comtoise. Si vous avez une idée d’ailleurs…

en tandem (9)

photo hjeanney

il : comme si la souche pourrie avait vomi ses œufs, et mis une perruque verte pour ne pas paraître trop vieille et moche après la pluie.

elle : ou ce serait une nouvelle race d’arbre, le pomponus jaunicus des sous-bois, de petite taille (à peine plus haut qu’une perruque verte de souche pourrie) et tu en serais le découvreur. Je rectifie : pomponus jaunicus herveum des sous-bois. C’est la postérité qui va être contente.